Jean-Michel Perron - Le blogue à Jean-Michel Perron

Classé dans : Clientèles touristiques — Jean-Michel Perron @ 17 h 25 min

 

HD Marketing a commandé un sondage web réalisé du 3 au 6 mai derniers auprès de 1001 personnes représentatives de la population québécoise.

Nous avions réalisé cette recherche à la même période l’an dernier et nous pouvons ainsi comparer sur deux ans les régions touristiques les plus populaires en intention de voyages.

Premier constat : les Québécois vont voyager en grand nombre au Québec quoique 11% ne savent toujours pas s’ils vont le faire en 2010.

Second constat : à part la région de Québec avec une baisse notable (probablement l’effet du 400e qui s’estompe), les régions touristiques  les plus populaires demeurent les mêmes : VOYEZ LA SUITE DU BILLET…

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4 commentaires

  • France Lessard

    Belle initiative ! Pas facile de sonder à la fois la tête (on y va ? où? combien on dépense?) et le coeur (J’aimerais…On devrait…) des visiteurs potentiels. La question qu’il faudrait se poser avant d’entreprendre des enquêtes est : qu’est-ce qu’on veut vraiement savoir au de là des intentions de voyage ? Car l’intention est une étape qui est proche de la décision et si on veut la modifier à «notre» (celle du Québec ou d’une région) avantage, je crois que de mieux comprendre les besoins de ces visiteurs pour leur proposer quelque chose de …concurrentiel serait à explorer. Mais tout ça demande des $$$ et, comme tu le dis JM , il faut que les principaux intéressés soient de la partie ! Bon été !

    France Lessard

  • alain des cantons

    Allô Jean-Michel
    je suis tout à fait d’accord avec toi qu’il serait très utile de refaire ce genre d’enquête en fin d’été ou d’automne (notre haute saison se termine en octobre)
    ce qui nous permettrait effectivement d’évaluer ce que les visiteurs ont réellement fait
    et quels ont été les factrurs de décisions

    Quand à l’évaluation des pub et de leurs impacts, je trouve que c’esrt un élément très aléatoire. Par exemple, nos investissements pub sont de l’ordre de 90% vers internet et très ciblés, ce qui veut dire que 80% des «gens» ne verront passer aucune pub de masse ou dans les medias de masses sur les cantons; D’autre part nos entreprises investissent énormémenmt plus que l’ATR et eux, c’est beaucoup dans les médias de masse.et nos objectifs et stratégies ne sont pas les mêmes: parallèles et complémentaires….

    ET TOUJOURS LA MÉTÉO EST UN FACTEUR QUI DOIT ÊTRE «QUANTIFIÉ» au moins autant que le facterur pub
    Proposition intéressante de valider si et comment le réseau des ATR,TQ et certaines sectorielles pourraient s’impliquer
    bonne journée là ! Alain L

  • Jean-Michel Perron

    Jean-Pierre.

    Excellentes suggestions pour mesurer les réelles performances. On l’avait fait l’an passé pour savoir ce que les gens par régions recherchaient en collaboration avec Leger Marketing. Au niveau du lien entre l’investissement en promo et les intentions de voyager, ce serait fort pertinent aussi surtout jumeler avec la réalité en fin de saisons. Il faudrait que l’ATRAQ ou Tourisme Québec accepte de commanditer une telle recherche car HD Marketing ne peut seul supporter ces frais de recherche…

  • JEAN-PIERRE RANGER

    SVP, … deux suggestions de recherches complémentaires afin de mieux affronter nos compétiteurs
    de proximité; USA, Ontario et New Brunswick.

    Pourriez-vous envisager de tenter de déterminer et de hiérarchiser les facteurs
    ( familles -attraits naturels / touristiques -festivals -musées, -activités culturelles / sportives, etc.)
    qui contribuent au « magnétisme attractif » d’une région ?

    Pourriez-vous tenter de voir
    s’il y a corrélation entre ces résultats (les intentions de voyager vers une région donnée)
    et les investissements en pub sur les marchés du Québec
    par les entreprises touristiques + offices et atr d’une région.

    Merci.
    JP Ranger
    19 mai 2010

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Classé dans : Clientèles touristiques — Jean-Michel Perron @ 15 h 57 min

 Marriott Paris

 

«  Qu’est-ce que vous faites comme métier ?  ».  C’était en 1995 à la terrasse d’un hôtel de Brasilia, la capitale futuriste perdue au milieu de nulle part. La femme dans la jeune trentaine, stylée avec lunettes comme une prof de secondaire, semblait contente après une dizaine de minutes de conversation d’usage que je lui pose cette question. «  I make loooove  » qu’elle me répondit d’un ton sulfureux avec ses lèvres pulpeuses qui insistaient sur le mot «  love « de son métier. Et moi l’épais qui venait de comprendre pourquoi son regard avait été aussi insistant auparavant. VOYEZ LA SUITE DU BILLET…

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3 commentaires

  • Jean-Marc Laprise

    Comme entreprise dans le secteur touristique, il nous est difficile de participer à tous les débats pertinents ou même seulement d’émettre notre opinion sur les sujets qui nous touchent. Peu de moyens, peu de temps, peu de personnel, peu de soutien et beaucoup de gestion (taxes, rapports, comptabilité, etc.) et je suis sûr que nous ne sommes pas les seuls dans cette situation, ça donne une industrie cahotique, désorganisée, peu fonctionnelle et inefficace. Alors parler d’attirer une clientèle vers ce genre d’industrie relève du rêve éveillé tant que la situation reste ce qu’elle est.

    Je veux bien m’adresser à la clientèle québécoise – c’est d’ailleurs celle qui compose la majorité de nos clients – mais les moyens à notre disposition sont souvent déficients, que ce soit dans la mise en marché ou dans le service comme tel. Par exemple, un touriste qui se déplace à vélo dans la région de Québec se retrouve déchiré entre son appréciation du réseau cyclable de la région et ses frustrations face au manque de signalisation adéquate, aux barrières physiques ou organisationnelles (accès interdits ou limités, services aléatoires ou inexistants …). Bref, les commentaires sont souvent élogieux mais on imagine ce qu’ils pourraient être si…

  • Jean-Michel Perron

    Astérixxxxxx.

    Comment ? Deux sous-ministres de Tourisme Nouveau-Brunswick au début des années’90 me l’ont enseigné et surtout démontré. C’est la bonne vieille approche  » client  » mais appliqué systématiquement:
    1. Question de budget, faut faire des choix sur le marché en émergence qu’on souhaite attaquer. Pour le BRIC, je recommande le Brésil.
    2. Il faut connaître finement les besoins et attentes du marché visé en fonction de ce que le Québec a à offrir aujourd’hui. Si ça ne  » fit  » pas, on passe à un autre marché. Je parle ici d’une vraie recherche sérieuse, pas d’une étude bidon à 500$K exécutée par une  » firme réputée ».
    3. Ensuite, il faut effectuer une mise à niveau de notre offre et de nos services touristiques en fonction de ce marché.
    4. Enfin, réaliser D’UNE SEULE VOIX une mise en marché innovatrice et percutante. C’est le point le plus faible de notre tourisme actuellement: on ne maximise pas notre synergie et on manque d’idées originales…
    On parle ici de 3 à 5 ans de processus.
    C’est tellement clair et simple pourtant, mais que voulez-vous, faudrait produire une étude de 500 pages pour que ce soit sérieusement considéré !
    Et si ça ne marche pas, c’est que nécessairement l’une de ces 4 étapes n’a pas été systématiquement réalisée avec l’énergie et le professionnalisme nécessaires.

  • Asterixxxxxxxxx

    C’est beau vouloir attirer la clientèle chinoise , brésilienne et autre! Mais comment????Demandez à Tourisme Québec comment il pense attirer les acheteurs de partout à leur kiosque lors de Rendez-vous Canada? Triste,triste et encore triste. No wander… why we don’t have tourism in Quebec! En sommes-nous à utiliser des appâts américanisés parceque nous n’avons aucune personnalité assez intéressante pour attirer? Ayoye! Encore triste, triste et triste

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Vive la France !

2 octobre 2009

Classé dans : Clientèles touristiques, Marketing des destinations — Jean-Michel Perron @ 7 h 14 min

 

Lorsqu'ils pensent au Canada, après la nature, c'est l'image de la Police montée qui est la plus forte sur les marchés USA/UK/Australie. Big deal for Québec !

Lorsqu'ils pensent au Canada, après la nature, c'est l'image de la Police montée qui est la plus forte sur les marchés USA/UK/Australie. Big deal for Québec !

La CCT (Commission Canadienne du Tourisme) vient de publier, pour une seconde année, une « Veille touristique mondiale » en collaboration avec quelques provinces dont le Québec, basée sur un sondage Internet auprès de 4 500 voyageurs entre mars et octobre 2008 sur 9 marchés clés pour le Canada.

Voici quelques éléments qui ressortent et impactent le Québec:

1. Après les Etats-Unis, ce sont les Français qui représentent le marché le plus important à court terme devant les Britanniques au niveau des intentions de venir nous visiter.

 Potentiel immédiat

2. Justement, c’est au Québec que les Français veulent venir en plus grand nombre (95%) contrairement à seulement 59% des Américains (décidément, on a un problème sur ce marché même si on a pas Niagara Falls  et Buffalo-Détroit à côté, alors qu’on a tellement à leur offrir). Notez la cote d’amour élevée aussi des Mexicains envers le Québec et le peu d’intérêt des Chinois, deux fois plus intéressés par les provinces atlantiques  que par le Québec (!!!).

Intentions par provinces

 3. Selon la CCT, c’est aux États-Unis (le marché potentiel le plus grand dans les intentions générales et dans la réalité socio-démo-touristique) et au Japon que la notoriété du Canada est à son plus bas. La nouvelle image de marque du Canada ne réussit pas à renverser la descente aux enfers sur le marché américain. Pourtant, voici un extrait d’un communiqué de presse de la CCT du 7 mai dernier :

« Malgré les défis de l’économie mondiale et la concurrence féroce que se livrent de nombreux pays pour obtenir la faveur des touristes, la notoriété du Canada à titre de destination, en 2008, nous prouve que la marque Canada « Â Explorez sans fin » est solidement établie, pertinente et efficace », affirme Michele McKenzie, présidente-directrice générale de la CCT.

 Une vraie citation de politicien. Le contraire de la réalité. Lisez vos rapports internes Mme McKenzie et ne nous prenez pas pour des valises. Mon Dieu, sauvez-nous de nos leaders !

 

Le logo utilisé pour vendre le Canada sur le marché américain. Mais ça ne convainc pas !

Le logo utilisé pour vendre le Canada sur le marché américain. Mais ça ne convainc pas !

 

4. Pourquoi venir au Canada ? Fort intéressant dans ce tableau, ce sont, par pays, les motivations à venir visiter le  Canada. La grande nature, les attraits uniques et les parcs nationaux sont prioritaires et font l’unanimité partout. Notez la grande importance pour les Français de rencontrer des «  gens de la place  » (ce qui est la valeur ajoutée du Québec avec la langue commune) et l’importance de la sécurité pour les Américains.

Facteurs de motivation

5. Pourquoi ne pas venir au Canada ? Encore plus révélateur car ça vient nous dire que oui le Canada a des qualités mais je n’irai pas. Et c’est unanime sur tous les marchés principaux:  «  Je préfère visiter d’autres destinations  » représente la 1ère raison. Pour les Américains «  Aucune raison d’y aller  » est la seconde raison en importance.

Bref, notre image de marque (ce que je radote depuis des années!) est faible et on se vend mal car d’autres destinations perçues plus attirantes nuisent énormément à la concrétisation des intentions.  

 6. Les images qui font vibrer. Vraiment deux opposés pour le Québec : USA versus France. Comme tout le monde le sait, les images qui vont vibrer les Américains ne seront pas les mêmes que les Français par exemple. Le Québec a un travail énorme mais essentiel à faire auprès des Américains car on a pas beaucoup de drapeaux canadiens, de Chutes du Niagara, de montagnes rocheuses et de polices montées à leur montrer. Par contre, ce qui fait tripper les Français (neige, forêts, lacs, vastes espaces – encore Niagara ???), ça on en a des tonnes de copies !

 

Les images fortes pour les Américains

Les images fortes pour les Américains

Images fortes pour les Français

Images fortes pour les Français

 

 

 

 

 

 

 

 

« En France, les images d’hiver ressortent très nettement. Le marché français est d’ailleurs le seul dans lequel la neige représente l’image la plus inspirante du Canada (15 %) et où les images nordiques occupent une place aussi importante (p. ex., les traîneaux à chiens, les caribous, le Grand Nord). La motoneige, le sirop d’érable et les cabanes en rondins (bois rond) y revêtent aussi un certain attrait, probablement parce que ces éléments évoquent des images associées aux plaisirs et aux activités d’hiver »

Ce que je retiens de ce rapport fort intéressant, c’est qu’il confirme à nouveau que le tourisme est un monde de perceptions influencées par de multiples facteurs externes et spécifiques à chaque pays. Des jovialistes Mexicains (ils aiment vraiment tout) aux sympathiques Chinois qui ont peur de tout, on doit faire des choix question de capacité financière et se concentrer sur les marchés les plus prometteurs en volumes de dépenses (USA) car ils seront toujours nos voisins ou les plus naturels pour le Québec tels que la France, le R-U (malgré un avenir à court terme sombre), l’Allemagne,l’Italie, l’Espagne et le Mexique.

Mais nous avons un dilemne de taille pour les Etats-Unis. On sait que les chutes Niagara, Les Rocheuses et la « police montée » sont des images fortes sur ce marché. Rien évidemment de tout ça n’est au Québec. Alors, si la CTT prend une approche classique sur ce marché en mettant de l’avant ces icônes et bien le Québec ne pourra se positionner (comme il le devrait) comme la  » France en Amérique  » avec toute la connotation positive (bouffe, hédonisme, terroir,etc.) que ça représente avec en produits d’appel la Ville des festivals (Montréal), la ville romantique fortifiée (Québec) et Mont-Tremblant, le centre de villégiature par excellence.

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Classé dans : Clientèles touristiques — Jean-Michel Perron @ 9 h 12 min

Le tourisme international dans le monde ne s’est jamais aussi bien porté que depuis quelques années sauf au Québec et au Canada en général. La croissance des voyages internationaux des dernières années a même largement dépassée les prévisions : 10,7% en 2004, 5,5% en 2005 et 4,5% en 2006. Comparativement, au Québec, on a enregistré une hausse de 4,9% en 2004,  une baisse de 1,4% en 2005 et une baisse de 3% en 2006. Si on regarde spécifiquement le marché américain, 2006 par rapport à 2002, c’est une baisse de 17% au Québec comparativement à une baisse de 9,6% pour l’ensemble des touristes internationaux, tous marchés confondus. Le Canada qui vit également cette forte baisse est passé d’une 7ième  position en 2002 pour le pays avec le plus grand nombre de visiteurs internationaux, à la 10ième position en 2003 et à la 12ième en 2004. Pour le marché américain depuis 2002, la Commission canadienne du Tourisme estime les pertes de revenus au Canada à 1,2G$. 

 De plus,  l’Organisation Mondiale du Tourisme prévoit que cette croissance exceptionnelle se poursuive jusqu’en 2020 avec 1,56 milliards de voyageurs comparativement à 842 millions en 2006, soit presque le double. Le tourisme est déjà, en termes d’emplois, l’industrie numéro 1 au monde !  Saurons-nous profiter de cette manne d’argent neuf pour se créer une richesse collective soutenue ? C’est mal parti à moins de sérieusement se remettre en question en écartant les excuses faciles du taux de change qui défavorisent les Américains, de l’arrivée du passeport obligatoire, du prix de l’essence, de la guerre en Iraq, du 11 septembre 2001 et des difficultés économiques.

 

Les habituelles excuses et les causes secondaires

 Le taux de change.   Selon une enquête menée par le Réseau de veille en tourisme en 1999, une augmentation de 10 % du dollar canadien par rapport à la devise américaine entraîne une hausse de 15,5 % des voyages à l’étranger des Canadiens et une baisse de 3,9 % des voyages en provenance des États-Unis. C’est donc dire que les Américains seraient moins sensibles au taux de change que nous. De plus, comment expliquer que les Américains entre 2002 et 2005, malgré un taux de change qui se dépréciait[1] face au dollar canadien mais également face à l’Euro[2], ont été, par exemple, 19% plus nombreux à voyager en Italie en 2005 qu’en 2002 et 11% plus nombreux  en Espagne alors que par hasard la dépréciation était exactement égale à 27%  vis-à-vis de l’Euro et du dollar canadien ?  Pourquoi le taux de change affecterait l’Américain au Canada et pas celui qui visite l’Espagne? Tout comme la faible productivité de notre industrie manufacturière fut mise à jour par la hausse de notre dollar et l’arrivée des produits chinois, le taux de change actuel dévoile, de la même manière, les faiblesses internes de notre industrie touristique.

 Le 11 septembre, la guerre en Iraq, l’économie. Pour ces raisons, les Américains voyageraient moins ? Faux. Sur les marchés d’outre-mer, selon le U.S Department of Commerce, les Américains étaient 23,3M à prendre l’avion en 2002, 24,5M en 2003, 27,3M en 2004, 28,8M en 2005 et 29,9M en 2006. Une croissance soutenue.

 Le passeport obligatoire. Il s’agit d’un nouvel élément qui effectivement découragera encore plus de nombreux automobilistes à venir au Québec dans les prochaines années mais surtout les visiteurs d’un jour, principalement ceux du Vermont. Par contre cet élément ne peut expliquer notre faible performance depuis 2002 puisque la mesure ne s’applique que depuis quelques mois pour les voyages en avion et pas encore pour les automobilistes. Selon le département d’État américain, 73% des citoyens n’ont pas de passeport et il en coûte 97$us pour en obtenir un. Imaginez, pour une famille de 2 adultes et 2 enfants, c’est une dépense supplémentaire de près de 400$ pour venir nous visiter !

 Le prix de l’essence. Les Américains ont subi un choc avec la hausse du prix de l’essence suite à Katrina en 2005 mais cela ne peut expliquer les baisses de visites au Québec avant 2005, ni les baisses pour les touristes par avion.

 Une autre cause secondaire, que j’émets à titre d’hypothèse, (j’arrive à la principale sous peu) qui affecterait les touristes Américains au Québec, c’est que contrairement aux autres destinations internationales, nous avons su attirer jusqu’ici principalement la classe moyenne américaine (40 000$ à 80 000$ de revenu familial) qui constitue aujourd’hui la clientèle principale des croisières dans la Caraïbes. Ainsi, il y a avait 500,000 croisiéristes en 1970, ils sont plus de 12M maintenant, principalement Américains. Les spécialistes de ce domaine constatent que les prix des croisières, à cause de l’offre grandissante des nouveaux navires, de leur taux d’occupation qu’ils maintiennent à près de 100% et dans le contexte où l’Américain moyen souffre du prix élevé de l’essence et de la crise hypothécaire, force les prix vers le bas ce qui rend encore plus ce type de vacances attrayant. À 500$US pour une semaine incluant tous les repas, beaucoup sont tentés… Ce qui explique que 55% des croisiéristes sur la compagnie Carnival Cruise Line en sont à leur première croisière. Dans le passé, ils allaient ailleurs ces nouveaux clients.  

Comme les 27% d’Américains qui possèdent déjà un passeport doivent avoir des revenus plus élevés, nous devrions en théorie s’attaquer en priorité aux Américains qui voyagent en avion. Le hic, c’est que le Canada (et donc le Québec) ne semble pas être un choix de vacances pour eux. Un sondage[3] effectuée en 2006 auprès de foyers américains ayant un revenu supérieur à 150 000$ révélait qu’à 78%, ils souhaitaient visiter l’Europe, 18% les Caraïbes, 16% l’Est asiatique, 15% l’Australie, 13% le Mexique et seulement 13% pour le Canada.

 Même si l’achalandage des touristes provenant de d’autres pays performent mieux que les Américains, ce n’est pas à court terme qu’on va les remplacer car ils représentent 84% des visiteurs étrangers. Et, ils vont toujours demeurer nos voisins immédiats représentant un potentiel inexploité énorme. Il faut donc absolument  percer le mystère US !

 

 Notre problème, c’est l’image qu’on projette.

 Notre problème fondamental, c’est notre image de marque, ce que les étrangers pensent lorsqu’on leur parle du Québec ou du Canada. Une bonne marque amène des certitudes, suscite des émotions et force l’action. Elle se décline à travers un nom, une phrase, un logo, un symbole ou un dessin. Mais la nôtre passe mal, principalement parce qu’on a pas su anticiper les changements de comportement des voyageurs, on ne sait pas trop quoi vendre et nos outils marketing manquent d’originalité et d’efficacité alors qu’un bon nombre d’entreprises touristiques ne se sentent pas interpellés dans les démarches de mise en marché. Les étrangers ne sont donc plus tentés par le Canada et le Québec surtout les Américains qui considèrent le Canada comme une froide[4] extension des états américains. Ils n’ont ni raison de venir, ni raison de ne pas venir. C’est la platitude totale, une pénible indifférence, bref exactement le contraire d’un positionnement marketing réussi. Nous n’offrons aucun élément de différenciation. Et tout cela se produit dans le contexte où il y a des dizaines de millions de nouveaux touristes chaque année, où plusieurs nouvelles destinations deviennent de calibre international (ex : Chine, Croatie, Afrique du Sud, Argentine) et où les nouvelles technologies transforment  radicalement  l’accès à l’information, facilite la mobilité, le partage d’expériences culturelles et donne accès à peu de frais à ces nouvelles destinations.

 Un sondage international réalisé en 2006[5]  auprès de voyageurs et de spécialistes en tourisme  plaçait l’Australie comme première destination mondiale basé sur la capacité des destinations à répondre aux besoins des voyageurs d’aujourd’hui (sécurité, rapport qualité/prix, facilité de communication, proximité, température) et à leurs désirs (la nature, l’authenticité, les arts/culture, choix de types d’hébergement et activités de plein air/sports). Le Canada  apparaît dans les 10 premiers au niveau du choix d’hébergement (3ième),  services aux familles (3ième), la nature (8ième), plein air & sports (9ième) et sécurité (1er ). Malgré ces forces, le public et les experts ne placent pas le Canada dans les 10 premières destinations au monde car on ne réussit pas à répondre à tous les besoins et désirs et à se connecter émotionnellement avec les gens…

 L’image de marque est la clé. Tout comme une personne, le Québec et le Canada doivent projeter une image bien définie, une personnalité propre en créant un lien émotionnel avec les étrangers et pas seulement en tourisme mais dans tous les secteurs car les destinations qui ont comprises que l’image de marque sert autant le tourisme que l’économie en général (ex : Nouvelle-Zélande, Singapore) performent très bien. Il ne s’agit pas ici de simplement présenter joliment tous nos principaux produits touristiques mais plutôt de créer un lien véritable. Ainsi quand on pense à Nike, ce n’est pas qu’un étalage d’espadrilles mais une marque synonyme d’innovation, de fébrilité et de la recherche de l’excellence en santé et en mise en forme. McDonald, c’est pratique, représentant une bonne valeur et un produit toujours égal. On pense à Singapore Airlines ? Service professionnel, unique et exotique avec ses agents de bord portant le Sarong…Après le SRAS et le début de la guerre en Iraq, la Commission canadienne du Tourisme a entrepris une importante étude au printemps 2003 auprès des Américains afin de comprendre leur comportement de voyage. Il en est ressorti que la sécurité, la tranquillité d’esprit et l’accueil amical étaient les attributs les plus importants[6]. On a donc intégré dans le marketing canadien ces éléments pour convaincre les Américains de venir. Mais ça n’a pas fonctionné car ces attributs n’étaient évidemment pas suffisants pour créer un lien émotionnel avec la Canada et répondre aux autres désirs des visiteurs potentiels. D’ailleurs, une autre étude de 2005 de la CCT est venu affirmé que les Américains recherchent la différence et l’unicité alors qu’en même temps ils perçoivent le Canada comme une extension de leur pays !

 Rebâtir une image de marque pour le Québec ou le Canada n’est pas simple. Il faut trouver comment se positionner auprès de nos clients différemment de tous les autres pays, il faut que tous les exportateurs du Québec, pas juste en tourisme,  incluant les ministères et des entreprises comme Cascade, Bombardier ou le Cirque du Soleil,  participent alors à diffuser cette image. Les marques commerciales les plus fortes proviennent d’ailleurs de destinations touristiques les plus performantes (Etats-Unis avec Hollywood et la NASA ; la France avec ses parfums et ses vins ; le Japon avec son électronique et ses autos ; etc.). La promotion touristique n’équivaut donc pas à bâtir une image de marque de son  pays uniquement pour son industrie touristique. Car une image de marque efficace facilite la recherche d’investisseurs étrangers, la recherche de travailleurs qualifiés étrangers, et la facilitation de l’intégration commerciale.

 L’image de marque classique dans le monde : un pays vante son aspect naturel et ses réalisations, son rôle au niveau mondial, ses citoyens célèbres, ses grands moments historiques, ses bijoux architecturaux, sa cuisine régionale, sa langue, son folklore ; tout ça servi avec des pages complètes de statistiques. Pour un client à l’autre bout du monde, cela ne suscite guère de l’intérêt car trop de pays agissent ainsi. L’important n’est donc pas de trouver ce qu’on a à vendre comme destination mais surtout quand et comment atteindre nos clients potentiels qui sont ultra sollicités…

Les voyageurs potentiels pour qui le prix, peu importe leurs richesses, demeure important et qui ont très peu de temps de disponible choisissent une destination comme un produit à la mode, c’est-à-dire en fonction de l’identité qu’ils se donnent eux-mêmes, de leur style de vie et de leur statut social.

 À l’analyse des destinations à succès (Espagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Irlande, etc.) tous les spécialistes consultés[7]  dégagent des points communs dans l’approche marketing de ces pays  : 1. Vision basée sur des recherches poussées sur les clients, compétiteurs et son industrie touristique ; 2. Vision qui se décline avec soin et discipline à travers tout ce qui constitue l’image de marque d’un pays en tourisme et hors tourisme ; 3. La nécessité d’un équilibre entre avoir des leaders engagés, innovateurs et avec une vision à long terme  et une mobilisation des joueurs, de la base de son industrie touristique. 4. De la publicité récurrente, pertinente et attrayante mais surtout très  innovatrice tout en maintenant le cap sur sa personnalité, son image de marque fondamentale ; 5. Évaluation constante et réaliste des campagnes marketing.

 

 Le tourisme au Québec

 Avec ses 29 000 entreprises et ses 133 300 emplois directs, le tourisme au Québec [8] est le plus grand employeur après la construction. Avec 2,7% du PIB, le tourisme contribue davantage à l’économie du Québec que le segment « agriculture, foresterie, pêche et chasse » (2%) ; que « l’extraction minière, de pétrole et de gaz » (0,5%) ; que la fabrication de produits en bois (1,6%) et que la fabrication du papier (1,8%). Le tourisme, surtout, c’est le 5ième produit d’exportation après l’avionnerie, l’aluminium, les équipements de télécommunication et le papier journal.

 Heureusement que le tourisme intérieur (les Québécois et les Canadiens voyageant au Québec) demeure assez fort grâce à l’économie qui tourne rondement au Canada, car tel que présenté auparavant, la croissance ne vient pas de l’étranger. Cette situation est par contre très fragile et il faut surveiller, entre autres,  l’endettement élevé des jeunes ménages canadiens qui impacte sûrement sur leurs habitudes de loisirs et leurs voyages.

 Lorsque je constate que M. Desrochers de Brossard reçoit à chaque printemps 8 brochures pour le convaincre de venir en Abitibi, en Gaspésie, dans Lanaudière ou dans l’une des 17 autres régions du Québec, je suis convaincu qu’au lieu de se compétitioner entre nous sur l’intra-Québec, on devrait solliciter les Québécois d’une manière plus concertée. Nous aurions ainsi une plus grande marge de manoeuvre afin de mieux investir dans les marchés étrangers puisque notre croissance et notre richesse passent nécessairement  par l’exportation. 

 

Il faut  maintenant agir

 1. Que nos gouvernements reconnaissent l’importance du tourisme et donne les moyens financiers à Tourisme Québec de jouer son rôle de leader ; qu’ils permettent au secteur privé de co-gérer directement la mise en marché de la destination ; qu’ils donnent un accès plus facile à des programmes pour le développement de notre offre touristique et sa mise à niveau.

 2. Que tous les joueurs de l’industrie touristique  se coordonnent véritablement sur un plan stratégique réaliste et  la mise en marché du Québec en privilégiant une véritable approche client.

 3. Il faut faire de nouvelles analyses pointues des clientèles cibles et des concurrents.

 4. Faire preuve de lucidité : il faut mettre en perspective  nos forces qu’on surestime (ex : paysages naturels,  gastronomie) et s’attaquer à nos faiblesses qu’on sous-estime (ex : gestion environnementale, rapport qualité/prix, qualité de l’accueil, pollution visuelle).

 5. Créer une image de marque forte pour le Québec, partagée et véhiculée par les gouvernements, les entreprises et les citoyens. La clé du succès repose sur le fait de trouver un élément de différenciation par rapport aux 191 autres pays. La véritable force pour créer un lien émotionnel avec les visiteurs actuels et potentiels ce n’est pas le Festival de Jazz, ni le Rocher Percé. C’est notre culture,  nous-mêmes : c’est donc plutôt la joie de vivre dans les rues de Montréal durant ce Festival et c’est le guide-interprète sur l’Île Bonaventure. Mais il ne faut pas tomber dans le piège de seulement affirmer avoir une culture unique et des gens amicaux comme bien d’autres pays le font déjà…L’idéal pour notre avenir et celle de notre tourisme, serait de développer dès maintenant un projet de société pour un Québec exemplaire où autant les individus que les entreprises et les gouvernements partagent une même vision dans l’aménagement du territoire, dans la recherche appliquée, dans la gestion de nos ressources naturelles, dans le transport, dans le quotidien de chacun individu à appliquer véritablement les notions de développement durable et de saine gestion environnementale. Nous avons une opportunité en or dans le contexte mondial du réchauffement climatique et de ses futures conséquences de devenir un modèle et un leader international. Le Québec a le potentiel humain et le territoire pour tracer la voie et devenir dans son quotidien une conscience et un vécu les plus avant-gardistes de la planète…ce serait l’image de marque optimale et le plus cadeau qu’on le pourrait se faire nous-mêmes ! 

  6. Faire preuve d’imagination et d’innovation dans notre mise en marché comme on le fait dans d’autres domaines tout en demeurant cohérent au fil  du temps. Deux exemples : créer un Groupe permanent d’interventions tactiques sur le Web, le principal médium en tourisme, afin de mettre en valeur l’un des sites Web de destination les plus performants au monde : BonjourQuébec.com. Devenir la 1ère destination à réaliser le mariage entre Google Earth et le 3D.

 7. Être opportunistes, investir et être patients tout en s’auto-évaluant régulièrement.

 

 J’en appelle donc à tous ceux et celles interpellés par cette réalité afin de convaincre tous les élus de l’importance du tourisme comme outil de développement économique, de mise en valeur de notre culture et en second lieu de participer activement à une éventuelle étape, malheureusement rendue nécessaire, de remise en question de nos stratégies de  mise en marché touristique. Le Québec recèle de trésors à faire connaître mais encore faut-il capter l’attention de nos futurs amis de l’étranger.

 

[1]  US$/CAN$, janvier 2002 = 1.59; janvier 2006 = 1.16; baisse de 27%.

[2] US$/Euro, janvier 2002 = 1.13; janvier 2006 = 0.82; baisse de 27%.

[3] Agence de marketing YBPR d’Orlando. Les résultats du sondage 2004 indiquaient des résultats quasi similaires.

[4] À la télé américaine dans leurs bulletins météo, à chaque hiver de chaque année,  les fronts froids arrivent toujours du Canada. Auriez-vous le goût d’aller au Nunavut même l’été si à chaque fois qu’il fait froid au Québec, on vous disait que la vague de froid origine du Nunavut ? Suite à une vaste campagne de sondages de la CCT en 2005 auprès des Américains, le «mauvais temps » constitue, et de loin, le principal obstacle à venir au Canada autant de la part des touristes actuels que de ceux qui ne sont pas encore venus ici.

[5] Country Brand Index 2006 par FutureBrand..

[6] Diminution des touristes américains au Canada, Samir Gerbou, Mohamed Sakho, François Bertrand, Jacques Plante, UQÀM, hiver 2006.

[7] Lire le recueil d’analyses dans « Destination Branding, creating the unique destination proposition », 2004

[8] Selon Tourisme Québec, 2006.

À vous de jouer!

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2 commentaires

  • Immobilisme « Blogue de JM Perron

    [...] d’agir  « VOUS ÊTES PAS TANNÉS DE MOURIR, BANDE DE CAVES? C’EST ASSEZ! » et  LES  AMÉRICAINS ABANDONNENT LE QUÉBEC. Malgré tout le potentiel du Québec, toutes les compétences, l’expérience et [...]

  • Jean-Marc Laprise

    J’abonde dans le même sens que vous pour ce qui est des lacunes de notre industrie touristique. Depuis 1995, nous offrons aux touristes de passage à Québec des services de location de vélo et de visites guidées. Pratiquement oublié par nos leaders de l’industrie dans la région (OTQ, hôtels, etc.) nous avons développé nos services année après année en nous appuyant sur un service de qualité supérieure et une grande écoute des besoins des clients. Dans notre cas, une excellente connaissance de la région est essentielle mais l’infrastructure (pistes cyclables, signalisation, services, information) demeure un élément hors de notre contrôle qui, pour avoir évolué considérablement, l’a fait sans jamais qu’aucune des autorités responsables de ce développement ne fasse appel à nos connaissances ou à nos besoins.

    Bien sûr, une entreprise comme la nôtre demeure un nain dans l’industrie touristique régionale mais la relation étroite et chaleureuse que nous développons avec notre clientèle génère un impact positif sur celle-ci puisqu’il est fréquent que des touristes américains, européens ou canadiens reviennent plusieurs années afin de profiter de ce que la région peut offrir à vélo. Il est aussi fréquent que des gens nous arrivent référés par des amis ou des parents comme un must à faire à Québec..

    Nous avons développé notre mise en marché depuis plusieurs années en utilisant internet et ce, avec beaucoup de succès compte tenu des moyens à notre disposition. De plus, avoir développé avec persistence des relations étroites avec les hôtels de la région nous amène un bon volume de clients, ce qui contribue probablement à leur faire prolonger leur séjour dans la Capitale – au bénéfice desdits hôtels !

    Enfin, ce que nous pouvons observer de puis quelques années, c’est que la Route Verte avec toute la promotion qui en a été faite constitue une partie importante de l’image de marque qui attire ici de nombreux cyclistes américains. Il reste encore beaucoup à faire de ce côté (information, services, signalisation, etc.) et votre suggestion de combiner 3D et Google earth est une piste qu’il faut explorer de toute urgence.

    Content de découvrir votre travail, je vous encourage à poursuivre.

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