
Nos brochures : symbole de l’inefficacité de notre industrie auprès des Québécois
16 décembre 2009
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J’ai reçu avant-hier par La Poste une brochure non sollicitée des régions touristiques de la Baie-James et du Eeyou Istchee (territoire cri). 122 pages de contenus divers. Mais ça tente qui au Québec d’aller à la Baie-James en hiver à part le gars de l’Hydro qui n’a pas le choix ? Déjà , sortir dehors en hiver fait peur à bien du monde ! On assume mal ici notre nordicité par rapport à la Scandinavie. Imaginez :  le Nord à perte de vue, tout blanc et froid, dangereux, plein de loups et d’Indiens bizarres qui ne parlent pas le français… Désolé, mais c’est un coup d’épée dans l’eau cet envoi même si c’est pour se positionner pour l’été 2010… malgré le potentiel incroyable de ces régions.
Et qui a déjà entendu parler du Eeyou Istchee? 99.9 % des Québécois ne peuvent même le prononcer. Pourtant, c’est une des 22 régions touristiques du Québec. Étonnamment, dans un sondage conjoint HD Marketing/Leger Marketing de mai 2009 (2 046 répondants), portant sur les régions touristiques qui font rêver les Québécois, il y a avait plus de Québécois qui rêvait d’y aller à ce Eeyou Istchee qu’au Centre du Québec, que dans Lanaudière, à Laval, en Montérégie et qu’en Chaudière-Appalaches ! Faut le faire… Probablement à cause de l’exotisme de l’appellation de cette région totalement inconnue (« enfin du nouveau ! », doivent se dire les Québécois).
Tant qu’on  appliquera toujours la même recette de mise en marché par les ATR,  les résultats seront semblables, c’est-à -dire qu’ils sont plus que décevants.  Mais comme d’habitude, personne n’est  imputable. C’est à cause de la récession, de la grippe,  de la pluie, du froid, des autres… Â
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Chantal Manuel
Entièrement d’accord avec Monsieur Claude Dahl… les brochures et guides des régions devraient nous faire rêver… on dirait bien qu’on oublie ce à quoi rêvent nos visiteurs. Souvent on recherche la meilleure photo pour la couverture ou pour un bandeau Web sans ce demander si cela remplit bien son rôle… Je travaille dans une ATR depuis 15 ans, 10 ans en Web et ça ne change jamais… mais vos articles me font réfléchir M. Perron. Merci.
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Maxime St-Laurent
Nous revoici à la quadrature du cercle !
Produire une brochure ou tout autre document promotionnel ou ne rien produire (ou produire pour satisfaire son besoin de produire du papier). À ce sujet, je vous dirais qu’il y a deux été de cela, nous n’avons pas produit de brochure forfaits et… je ne crois pas avoir remarqué que notre région avait subit une perte considérable de visiteur conséquence de la non production de cette brochure. En fait, se sont surtout les hôteliers qui ont fait part de leur besoin pour un tel outil et que le fait de ne pas en avoir produit cette brochure leur avait causé un certain tort. Or, sauf erreur, une région touristique attire des visiteurs principalement par l’entremise de ses attraits et non de son parc hôtelier. Conséquemment, du moment que l’outil est produit pour servir aux besoins d’un groupe précis plus qu’une autre, l’outil lui même prend la teinte du message de ce groupe. Ce qui peut expliquer la présence de certaines brochures qui alignent les prix et une visibilité plus grande aux hôtels plus qu’aux attraits.
Dernièrement, six ATR se sont regroupées afin de produire une série d’outils dont une brochure pour répondre aux besoins de la clientèle mototourisme. Or, rarement avons-nous vu une brochure remporter autant de succès. Ce succès est dû au fait qu’elle répondait directement au besoin du consommateur en faisant abstraction des frontières administratives entres les différentes ATR. Car, il faut bien se le dire combien de personne sont capable de dire exactement où commence le Saguenay-Lac-Saint-Jean et où se termine Charlevoix. Personne ! Le produit moto que ces ATR proposent couvre une bonne partie de la rive nord du fleuve et pour le motocycliste c’est parfait, car il n’a pas à ce soucier de recevoir six cartes moto (une par ATR) pour organiser son séjour. Et, à moins que je me trompe, aucune ATR, avec ce projet, peut affirmer qu’elle perd ou peut prouver une perte de clientèle au profit de sa région voisine. Cet exemple est près d’être unique au Québec et il donne un très bon exemple de ce que pourrait être la promotion du Québec en faisant abstraction des limites administratives de chaque ATR.
La question des brochures et de leur efficacité ne se règlera pas de sitôt au Québec, car le changement n’est pas aussi facile que l’on peut le croire, car même si une ATR désire changer ses outils promotionnels en espérant les améliorer, il n’est pas dit que ses membres vont vouloir la suivre et vice-versa.
Je suis de l’école du regroupement des régions. Le regroupement permet de proposer des destinations plus compétitives face aux destinations extérieurs, le regroupement rassemble plusieurs budgets réduits en un seul fort et compétitif et le regroupement permet de proposer le meilleur et seulement le meilleur de chaque région. Enfin, le regroupement, réduirait la production de nombreuses brochures et dépliants au profit d’un ou quelques outils répondant adéquatement aux besoins des touristes québécois. -
André Nollet
L’adresse de mon billet dans le bon format:
Au plaisir,
André Nollet
DG Tourisme Mauricie -
André Nollet
M. Perron, votre billet a frappé dans le mille. Interpellé par le sujet, je me suis permis d’amener ma contribution au sujet en le traitant moi aussi sur mon blogue (http://dgtourismemauricie.com/2009/12/18/non-classe/promotion-industrie-touristique-les-brochures-depliants-guides-et-tout-ce-qui-meuble/).
Disons, pour résumer, que vous touchez là un sujet hautement intéressant et que ma vision des choses rejoint très bien la vôtre.
Au plaisir,
André Nollet
DG Tourisme Mauricie -
Claude Dahl
Les «grands esprits» se rejoignent, voici ce que j’écrivais à une amie, (spécialiste en marketing stratégique, et qui cherche par toute les manières à se trouver un emploi dans ce domaine), par courriel hier après midi (17/12/2009):
«En passant, le tourisme, entre autre, est un secteur ou les compteux de PEB sévissent au marketing tandis que le besoin en matière de différenciation et de positionnement sont criants. À ce propos, je t’invite, quand tu auras l’occasion, à passer dans un bureau touristique et à regarder la une des guides touristiques de toutes les régions du Québec. Tu seras surprise de constater que tout le monde tire sur la même cible (famille, plein air, éco-tourisme, aventure douce) et de la même manière.
Lorsque j’étais en tourisme au Lac St-Jean, nous avions, à ma suggestion vérifié l’image du Lac St-Jean auprès d’un focus group. L’élément revenu le plus souvent a été les baleines????????? Aucune image ne leur était évoquée, et très peu des produits «vedettes» du Lac St-Jean ont été identifié. Bravo pour le positionnement. Le besoin est omniprésent dans ce secteur.»
Quand tous les restaurants ont le même menu, on va à celui qui est le plus facilement accessible, ou celui ou les «waitress» ont l’air le plus gentilles, ou sinon on va manger là ou c’est différent.
Comptpns des PEB, et continuons de faire des beaux guides avec une famille en vélo, ou en canot sur la une, une assiette gastronomique composée d’aliments traités pour la photo, une photo de panorama et un slogan éculé. Ça me prends plus que ça pour rêver, une mer aqua, des ruines, la tour Eiffel, les vieux murs de Québec, ça me fait rêver. Des sentiers, il y en a partout, des lacs aussi, du plein air, des assiettes gastronomiques avec du peudo gibier, partout aussi, «pis il faut pas oublier l’ACCUEIL LÉGENDAIRE». Serait-il possible de simplement me dire ce que je vais retrouver dans votre région que je ne trouve pas dans la mienne, point final! Si vous m’alléchez, et que ça me tente, je vais y aller, sinon, je vais continuer de choisir au hasard parmi nos régions touristiques clonées.
Le tourisme c’est du rêve, regardez les brochures touristiques, et dites-moi si vous rêvez. Regardez ensuite une brochure d’agence de voyage et voyez la différence. Si on veut, on peut, mais on peut aussi continuer à servir la même recette, c’est plus sécuritaire «pis ça fait pareil???»
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Je reçois de nombreux courriels de « collaborateurs » qui me fournissent des idées de carnets pour ce blogue ou encore des données intéressantes. Je vous en remercie, car ça permet de faire de véritables débats, si rares et peu tolérés en tourisme. C’est le cas de M. Léonce Naud que je ne connaissais pas. Il m’a fourni les données les plus récentes des retombées des croisières internationales à Victoria et à Saint John, Nouveau-Brunswick (malgré ses demandes, il n’a pu obtenir les données des ports du Québec) fourni gentiment et facilement par les autorités locales. Ainsi, pour :
-  Victoria en 2008, au niveau des retombées par passager (hébergement, nourriture, excursions, commerces de détail, transport) : 56,85$
- Saint John en 2007Â : 56,75$ en 2007.
Ces données sont importantes dans le contexte où on a surévalué au Québec les retombées des croisières et c’est à partir de ces chiffres gonflés que les gouvernements fédéral et provincial se sont basés pour investir actuellement la centaine de millions de dollars dans les différents ports d’escales. Mon premier carnet de l’été en faisait d’ailleurs longuement référence, basé sur la recherche récente de Ross Klein de l’université Memorial de Terre-Neuve. Suite à ça, le maire de Saguenay et le journal Progrès Dimanche en ont fait leur « une » ce qui aura pour conséquence que le maire ne m’enverra probablement pas de cadeaux à Noël !
Mais ce qui est fait est fait. Je doute qu’on récupère en revenus tous les fonds publics investis. L’objectif de mes textes précédents sur ce sujet n’était pas de simplement faire ressortir l’erreur stratégique des différents paliers gouvernementaux, mais plutôt de convaincre les différents ports d’escales de se tenir debout face aux multinationales des croisières, de suggérer aux gouvernements d’investir dans ces ports (dans le développement de l’offre d’excursions) en fonction également des autres clientèles touristiques régulières et d’exiger leur juste part des retombées économiques. Et pour estimer tout ça, la dépense par passager par visite représente la mesure de base.
-  Quand on voit, par exemple, que la firme Impact Recherche en 2006 pour le compte de l’Association des Croisières du Saint-Laurent  estimait à 85,75$ les retombées à Saguenay par personne par escale et qu’on voit les chiffres officiels de Victoria et de Saint John beaucoup moins élevés 1 et 2 années après…
-  Quand dans le rapport du Ministère du Tourisme (1) de l’été 2009 après avoir sondé194 agences de voyages du Québec et des Etats-Unis ainsi que 9 compagnies de croisières, on lit (tel que Klein le disait également dans son étude) : « Les répondants estiment que la demande est actuellement moins forte pour l’achat d’excursions lors des escales. Les consommateurs souhaitent davantage profiter des services et des activités en promotion à bord des navires. »
Je suis alors en droit comme contribuable et comme intervenant touristique québécois qui souhaite voir mon industrie croître réellement de me poser des questions sur les véritables retombées pour les différents ports d’escale. Que la ville de Québec, comme port d’embarquement et de débarquement, engrange des retombées substantielles, c’est une évidence, mais pour les autres….
 (1) » Tendances et perspectives 2009-2010 dans l’industrie des croisières internationales «  , Ministère du Tourisme du Québec, 2009.
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Marie-Louise
Merci de tes commentaires, je te souhaite une bonne année, la santé et tout ce que tu désires.
Marie-Louise -
Jean-Michel Perron
Marie-Louise.
Il y l’étude de Tourisme Québec qui parle des tendances mais ça vaudrait la peine, pour maximiser les retombées des croisiéristes, d’étudier quatre types d’actions. Nos spécialistes en croisières auraient sûrement un mot à dire à ce sujet.
1. Comme escale, avoir un mot à dire sur le « comment à bord des navires » les ventes d’activités se font afin de mieux convaincre les croisiéristes;
2. Négocier avec les compagnies de croisières un partage plus équitable des revenus des excursions et sur le prix total vendu;
3. Obtenir des compagnies de croisière des garanties d’achalandage lorsqu’elle exigent plus de ports d’escales et d’infrastructures;
4. Intervenir sur les sites Web spécialisés indépendants qui conseillent d’avance les croisiéristes qui consomment des excursions et des activités locales sans passer par les organisateurs officiels du navire…..Les croisiéristes expériementés savent très bien qu’ils se font souvent avoir en achetant à bord du navire….
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Marie-Louise
Allo Jean-Michel
As-tu plus d’information là dessus (tendances et perspective 2009-2010)
Tu semble dire qu’on devrait brandé et packagé davanatge l’offre à destination surtout des turnaround, autre chose qu’on devrait faire ?
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Le PM, le pire des ambassadeurs pour le tourisme !
7 décembre 2009
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Citation d’un grand hebdomadaire européen: «Un seul pays se refuse toujours à aborder le dossier climatique avec bonne volonté : le Canada.»  Et l’hebdomadaire poursuit: » Le bilan environnemental du Canada est pourtant désastreux: les émissions de gaz à effet de serre ont grimpé de 26 % entre 1990 et 2007, ce qui fait du Canada le pays du G8 où ces émissions ont le plus augmenté. « (source: Le Devoir)
Rien ne fait plus tort au tourisme québécois que la position actuelle du Canada sur la réduction des gaz à effet de serre (GES) et le saccage des sables bitumineux de l’Ouest canadien. Personne n’est gagnant à part Mr Harper, l’Institut Économique de Montréal, l’Alberta et les 1570 lobbyistes professionnels depuis 1996 qui gravitent à  Ottawa, payés par les industriels et en particulier les pétrolières du Canada.
En 2008, Tourisme Australie a réalisé une recherche auprès des touristes de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, des États-Unis, de la Chine et du Japon pour connaître quels sont les facteurs sensibles qui peuvent influencer leur décision par rapport à une destination. Il y en a neuf :
- Le terrorisme;
- L’économie (taux d’intérêt, chômage, inflation, etc.);
- La situation politique dans son pays;
- La situation politique dans le pays visité;
- La dégradation environnementale;
- La pauvreté;
- Les épidémies;
- Les changements climatiques (réchauffement, inondations, ouragans, etc.);
- Le racisme.
Voici comment ils placent la dégradation environnementale en général : VOYEZ LA SUITE DU BILLET…
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