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Classé dans : Enjeux touristiques — Jean-Michel Perron @ 9 h 04 min

 

 

Photo: Le Devoir

Panneau publicitaire à Montréal: source, Le Devoir

 

Rivière Péribonka en kayak. Source: Yves Ouellet, Le Soleil

Rivière Péribonka en kayak. Source: Yves Ouellet, Le Soleil

 

Le 29 août dernier dans une lettre à la ministre Normandeau, les élus de la localité de Lamarche au Lac Saint-Jean, Daniel Côté, Robin Lachance et Robin Martel,  lui ont écrit pour défendre le potentiel touristique sur la fabuleuse rivière Péribonka face aux coupes forestières que le gouvernement veut permettre sur ce joyau naturel du Québec :

«Il est totalement faux de prétendre qu’une coupe forestière dans ces paysages fabuleux ne met pas en péril le développement récréotouristique. C’est en effet l’aspect sauvage et naturel des rives de la Péribonka qui en font un attrait touristique à potentiel international. Dès que l’on perturbe un tel paysage par une coupe forestière, on détruit ce qui en constitue l’attrait majeur, le caractère unique».

«…une forêt mature prend 100 ans à se reconstituer et les plaques de forêt en régénération seront parfaitement visibles dans le paysage pour plusieurs années à venir. Pour tous ceux qui ont 30 ans et plus, il ne sera plus jamais possible d’admirer le fjord sauvage et intact de la Péribonka», ajoutent-ils.

Le 7 septembre dernier, le Plateau Mont-Royal est devenu la première administration municipale au Québec à faire enlever tous les panneaux-réclames de son territoire. Les trois géants de la pub extérieure au Canada, Astral Média, CBS Affichage et Jim Pattison Industries avec leur puissant lobby, le « Regroupement de l’industrie de l’affichage extérieur au Québec« , promettent de  mener une bataille épique pour défendre leur indéfendable contrôle privé sur les paysages publics du Québec.  

Le conseiller du Mile-End, Alex Norris et son arrondissement vont subir une pression incroyable dans les prochains mois car le  » Big 3  » va tout faire pour éviter que ça se propage ailleurs cette folle idée qu’on pense avant tout aux citoyens et non pas aux revenus de ce trio…

Enfin ! Des élus se tiennent debout pour défendre leurs paysages (urbains ou  naturels) et reconnaissent que ceux-ci possèdent une valeur économique élevée et participent à la qualité de vie de leurs citoyens.

Dans un article que j’avais écrit en 2003, j’indiquais que le Vermont, le Maine, l’Alaska, Hawaï et maintenant des dizaines de villes américaines (Los Angeles, Houston,etc.) avaient banni les panneaux publicitaires et qu’au Québec, au contraire, on augmentait le nombre de panneaux tout en subissant, à cause du puissant lobby pro-panneaux, que des milliers de panneaux illégaux soient tolérés par notre gouvernement.

Ces élus courageux et visionnaires ne doivent pas demeurer seuls. Nous devons individuellement et par nos associations régionales ou sectorielles, dans notre entreprise, notre région, notre ville et dans les médias sociaux supporter ces gens en prenant position publiquement, auprès de nos députés et de nos ministres responsables.

Le combat, car il s’agit bel et bien d’un combat, va être difficile et malheureusement avant tout économique. Les enjeux sont de taille :

  • Est-ce qu’un arbre debout vaut plus cher qu’un arbre couché ?  
  • Est-ce que les revenus qu’obtiennent les municipalités pour accepter ces panneaux publicitaires font le poids avec la qualité de vie de leurs citoyens et l’impression plus positive laissée aux touristes ?
  • Est-ce que notre industrie touristique, qui est elle-même cliente autour de 30% à 40% de ces panneaux (le seul média qu’on ne peut zapper!), peut comprendre que la destination touristique québécoise sortira gagnante en éliminant la banalisation que provoque les panneaux publicitaires et par une qualité paysagère nettement améliorée pour l’œil du visiteur qui recherche une destination unique et authentique ?

À vous de jouer!

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1 commentaire

  • Daniel Bouchard

    Si on regarde le paysage du Québec, difficile d’être optimiste. On a harnaché nos rivières pour la prospérité des Québécois, on a planté des éoliennes, creusé des mines, déboisé nos forêts et bientôt, les campagnes du Québec seront comme un fromage gruyère pour le nouveau dada de l’industrie pétrolière, les gaz de schiste, ….toujours pour notre prospérité collective. Pourtant, le Québec est une des sociétés les plus endettées au monde et les québécois assument un fardeau fiscal à la limite de ses capacités. La classe moyenne, celle qui, actuellement, est la principale clientèle de l’industrie touristique québécoise, ne cesse de s’appauvrir.

Un commentaire »

  1. Si on regarde le paysage du Québec, difficile d’être optimiste. On a harnaché nos rivières pour la prospérité des Québécois, on a planté des éoliennes, creusé des mines, déboisé nos forêts et bientôt, les campagnes du Québec seront comme un fromage gruyère pour le nouveau dada de l’industrie pétrolière, les gaz de schiste, ….toujours pour notre prospérité collective. Pourtant, le Québec est une des sociétés les plus endettées au monde et les québécois assument un fardeau fiscal à la limite de ses capacités. La classe moyenne, celle qui, actuellement, est la principale clientèle de l’industrie touristique québécoise, ne cesse de s’appauvrir.

    Comment par Daniel Bouchard — 19 septembre 2010 @ 16 h 09 min

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